Anelka n'a pas toujours été du genre patient. Sa jeunesse d'avant-centre fut souvent ombrageuse, colérique, impulsive. A 28 ans, la maturité pour les footballeurs qui vieillissent si vite, il fait presque partie des anciens sur la pyramide des âges des Bleus d'aujourd'hui. Pourtant il ne compte que 37 sélections, une misère pour un tel talent. Résumé de ses épisodes passés et à rebondissements façon télé-réalité : huit clubs en dix ans. D'abord le Paris-Saint-Germain. Il est alors une pépite, aux arêtes saillantes, impolies. 1997, le club parisien le vend à Arsenal (5 millions de francs, 800 000 euros). Il a tout juste 18 ans. Il reste deux ans dans la banlieue de Londres (1997-1999), file au Real Madrid, pour une somme record pour l'époque (220 millions de francs, 33,5 millions d'euros), dont le club n'est pas payé en retour. A Madrid, ses caprices lui valent suspensions et amendes. Le PSG le rappelle pour 215 millions de francs (32,8 millions d'euros). Paris, sa ville, Trappes, sa banlieue : il aime y revenir pour offrir des tours de Ferrari jaune à ses potes du quartier. Le PSG, qui ne sait comment le gérer, le prête : il retraverse la Manche, pour le port de Liverpool cette fois-ci. A peine une escale. Il est vendu (20 millions d'euros) à Manchester United. Là, il tient bon, de juillet 2002 à janvier 2005. Puis s'en va encore, cette fois-ci comme en exil, en Turquie, au Fenerbahce Istanbul (qui l'achète 7,7 millions d'euros), où il fait oublier ses humeurs, et se fait aussi oublier des sélectionneurs français. Il entreprend alors une campagne de communication pour montrer qu'il a changé, se fait photographier en train de repasser une chemise. Août 2006, il revient en Angleterre, à Bolton. Sa valeur remonte : 12, 5 millions d'euros. Depuis quelques semaines, les gazettes l'annoncent déjà ailleurs : au FC Barcelone ou à Manchester United. Mais Nicolas Anelka va souvent là où on ne l'attend pas. Le voilà même en instance de mariage.
UN "MILIEU D'HYPOCRITES"
Avec l'équipe de France, ce ne fut pas un voyage de noces. Il y est, il n'y est plus. Il râle, peste, dénonce ce "milieu d'hypocrites", refuse de s'excuser, s'excuse finalement par communiqué. Tous les sélectionneurs en ont pris pour leur grade. Dernier en date : Raymond Domenech. Novembre 2005 : Anelka est du voyage en Martinique, match amical contre le Costa Rica, où les Bleus commencent à devenir un groupe. Puis silence radio. Il ne regardera même pas à la télé France-Italie, la finale de la Coupe du monde. Octobre 2006, il est rappelé, pour le match contre les Iles Féroé : il signe un des cinq buts de la victoire française. Mars 2007, contre la Lituanie, sur une pelouse bosselée, il marque le but qu'il fallait, frappe écrasée et rebond trompeur pour le gardien. Contre l'Ukraine, il remet le couvert, de superbe manière. Depuis quelque temps, Nicolas Anelka parle aux journalistes, sourit en plus. Samedi soir, il a dit son plaisir d'avoir marqué son dixième but en Bleu, son premier au Stade de France. Il a aussi résumé l'enjeu de cette rencontre : "Il fallait se montrer patients." | |||||||
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